B4 -Fiction et histoire à l'âge classique. Les Mémoires et pseudo-mémoires aux XVIIe et XVIIIe siècles 

Le projet « Fiction et histoire à l'âge classique. Les Mémoires et pseudo-mémoires aux XVIIe et XVIIIe siècles » (resp. C. Ramond) sera la continuation d’un projet prometteur initié dans le contrat antérieur  en collaboration avec Lyon 3 et qui se poursuivra avec Amiens (CERR) ; il prévoit tout d’abord deux journées d’études couplées, dont les actes seront réunis dans un même volume (sous le titre Récit et vérité à l’âge classique) afin de donner une visibilité encore meilleure au projet. La première de ces manifestations (une journée et demie, une quinzaine de participants), doit être organisée à Bordeaux en octobre 2015, et sera consacrée au portrait dans les récits historiques et fictionnels de l’époque classique. Très largement étudié par les spécialistes du récit factuel, où il abonde (les portraits de Saint-Simon sont nombreux et justement célèbres) ainsi que par les spécialistes du roman (au moins pour le portrait galant du XVIIIe, car la description n’est pas la bienvenue dans les romans de ce siècle), cet élément important du récit n’a jamais été l’objet d’une confrontation des deux pratiques d’écriture, qui ont des liens mais aussi des différences profondes, ne serait-ce qu’en raison du caractère référentiel des personnages d’un côté, et de leur caractère fictionnel de l’autre. Le traitement des portraits est-il semblable en histoire et en fiction ? Qu’en est-il des véritables personnages qui apparaissent dans les romans, ou encore des romans à clé qui travestissent d’authentiques portraits derrière des identités fantaisistes (comme dans L’Histoire amoureuse des Gaules de Bussy-Rabutin, par exemple). La pratique du portrait qui apparaît dans les genres intermédiaires que sont les nouvelles historiques ou les pseudo-mémoires est-elle plus proche de la pratique historique ou de la pratique fictionnelle ? Telles sont quelques unes des questions auxquelles ces journées s’attacheront à répondre. La seconde manifestation (même format) sera organisée au printemps 2016. Elle portera sur un point important du récit : digression, commentaire, récits insérés dans les textes factuels et fictionnels de l’époque classique. Quand on lit les mémorialistes, on est frappé de l’absence de délégation de parole et de ces récits emboités qui foisonnent, au contraire, dans l’écriture de fiction, tout particulièrement romanesque. Il semble même que les récits insérés soient la marque de la fiction, révélant ainsi la fictionnalité au sein des romans-mémoires qui en comportent, tout en prétendant avoir une allure véridique. Cette constatation invite à s’interroger sur les raisons de ces pratiques si différentes et à les comparer sur des exemples précis. Qu’en est-il, dès lors, des textes hybrides, qui se situent à la frontière entre l’histoire et la fiction ? On pourra élargir la réflexion à la pratique de la digression et du commentaire de la part du narrateur principal, à la place qu’ils prennent respectivement dans les deux formes de récit, à la manière dont ils apparaissent dans le récit, et à leur fonction. Le projet devrait se clore avec un colloque international rassemblant les spécialistes des deux domaines sur la question Mémoires, romans-mémoires, pseudo-mémoires, qui permettra de faire la synthèse des travaux et d’approfondir la réflexion sur la contiguïté des formes factuelles et fictionnelles du récit à la première personne.

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