Frankenstein intermédiatiques.
Intermedial Frankensteins

Appel à contributions (scroll down for the English version)

 

200 ans après la publication de la première édition de Frankenstein, or, The Modern Prometheus (1818), la fiction imaginée par Mary Shelley a connu des réécritures, appropriations et transpositions au théâtre, au cinéma, en bandes dessinées. Les deux figures centrales, le savant fou et la créature, ont fait l’objet de variations dans les affiches et dessins satiriques, dans la culture populaire et les clips vidéo. Dans l’imaginaire collectif, le mythe moderne créé par Mary Shelley, loin de se réduire au texte primitif, doit sa popularité au relais assuré par des supports médiatiques très divers. La vivacité du mythe se vérifie dans la fréquence des versions cinématographiques mais aussi dans la production de séries (Penny Dreadful, The Frankenstein Chronicles, American Horror Story) qui raniment les motifs et les personnages d’un récit devenu familier. Il est donc légitime de s’interroger sur la dynamique de répétition et d’innovation qui caractérise ces reprises dans différents espaces médiatiques. Quels sont les motifs récurrents, les invariants en quelque sorte, du mythe de Frankenstein ? À l’inverse quelle est la part de nouveauté et d’invention des fictions inspirées du roman de Mary Shelley et à quelles finalités répondent les modifications, parfois radicales, apportées par romanciers, scénaristes, dessinateurs, etc. ? S’agit-il, comme dans Frankenweenie (Tim Burton, 2012) d’adapter le mythe à un type de public particulier (les enfants et adolescents), ou, comme dans The Casebook of Victor Frankenstein (Peter Ackroyd, 2011), de renouveler la lecture du roman initial en jouant sur la refocalisation et en mobilisant les ressources du postmodernisme ? Quel sens donner au fait que si certaines de ces fictions proposent une alternative au mythe (adaptation, réécriture ou palimpseste) d’autres semblent proposer une extension de la diégèse (I, Frankenstein ; Stuart Beattie, 2014), quand d’autres enfin intègrent le roman comme objet culturel dans leur univers fictionnel (les prologues des films de Whales, le roman Frankenstein Unbound, de Brian Aldiss) ?

Ce colloque explorera le destin intermédial de Frankenstein en privilégiant la spécificité des supports et en s’interrogeant notamment sur la production de sens associée à l’intermédialité. Les domaines explorés seront la littérature, le théâtre, le cinéma, les cultures populaires, le jeu vidéo, la bande dessinée. On pourra s’intéresser à la réception des productions culturelles et aux discours théoriques et critiques qui les accompagnent, dans le but de réaliser un état des lieux du mythe de Frankenstein aujourd’hui et de sa construction. On ne s’interdira pas pour autant de revenir à la source, puisque l’intermédialité caractérise dès l’origine la production du texte de Mary Shelley, dont la deuxième version (1831) fut publiée après la production de plusieurs versions théâtrales, et incluait des illustrations qui soulevaient déjà la question de la mise en images du récit. Le texte de Frankenstein lui-même, en mobilisant les ressources du sublime, instaurait déjà un dialogue avec les arts visuels, notamment dans les descriptions de la Mer de Glace.

Les propositions de communication, d’environ 200 mots, doivent être envoyées avec une brève note autobiographique avant le 31 janvier 2018 aux adresses suivantes

  • Jean-Francois Baillon (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Delphine Gachet (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Nicolas Labarre (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Gilles Menegaldo (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Natacha Vas Deyres (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

English version

In the 200 years following its first edition, Mary Shelley’s Frankenstein, or, The Modern Prometheus (1818) has been abundantly rewritten, appropriated, transposed and adapted, in other novels, in films, in comics or in plays. Multiple variations on its two central figures, the mad scientist and the creature, appear in posters, cartoons, music videos, video games and other popular cultural objects. In the collective imagination, the popularity of the Frankenstein myth owes as much to the original text as to the way it has been relayed and reshaped in a variety of media. The continued vitality of the myth is attested by the regular release of new cinematic versions, but also by its inclusion into many contemporary television shows (Penny Dreadful, The Frankenstein Chronicles, American Horror Story, to name a few) which revive and update the motifs of the familiar narrative.

This calls attention to the tension between repetition and innovation at work in these incarnations across various media. What are the recurring motifs, the invariants of the Frankenstein myth? Conversely, how and why is it transformed by novelists, filmmakers, artists, etc.? How is the narrative adapted to a new audience (children and teenagers), as in Tim Burton’s Frankenweenie (2012)? How is it renewed by a re-focalized postmodern reading, as in Peter Ackroyd’s The Casebook of Victor Frankenstein (2011)? How should we interpret the fact that some of these fictions offer alternative versions of the novel (through adaptations, rewriting, palimpsests, quotations, etc.) while other aim at expanding its story (I, Frankenstein, Stuart Beattie, 2014), and others yet turn the novel into a cultural object within the fictional universe (the prologues to Whale’s films, Brian Aldiss’s Frankenstein Unbound, 1973).

This conference will seek to explore Frankenstein’s intermedial destiny through a focus on medium specificity, in the hope of delineating the meaning-making process generated by intermedial circulation, through literature, drama, video games, comics and popular culture more generally. The organizers would like to invite proposals dealing with the reception of these cultural products but also on the critical and theoretical discourses they generate, in the hope of sketching an overview of the Frankenstein myth today, and the process by which it is constantly constructed. This does not preclude going back to the source-text, since intermediality informs Mary Shelley’s own text. The second edition (1831) was published after several theater productions and it included illustrations, which already raised the issue of the representation of the narrative. The very text of Frankenstein, and its use of the sublime, was already in dialogue with the visual arts, notably through its description of the sea of ice.

Short proposals (about 200 words) should be sent to the organizers, along with a brief autobiographical note, before January 31, 2018:

  • Jean-Francois Baillon (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Delphine Gachet (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Nicolas Labarre (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Gilles Menegaldo (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Natacha Vas Deyres (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

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31ème COLLOQUE INTERNATIONAL MAURIAC
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’Université Mohammed V,
Rabat, Maroc
2-3 novembre 2017
« ECRIRE, C’EST AGIR »


Appel à communication pour le colloque organisé par le Laboratoire Langues, Littératures, Arts et Cultures de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’Université Mohammed V, Rabat, et le Centre Mauriac/EA TELEM n°4195 de l’Université Bordeaux Montaigne en collaboration avec l’Association Ribat Al Fath pour le Développement Durable, la SIEM (Société Internationale des études mauriaciennes) et le Centre François Mauriac de Malagar (Région Nouvelle-Aquitaine).
D’hier à aujourd’hui, les engagements de François Mauriac s’inscrivent au coeur des grands débats de la société. Animé d’un sens aigu de la justice, la lucidité avec laquelle Mauriac interprète les événements donne la mesure de son implication au coeur de la cité. Pour lui, « Écrire c'est agir ».
Et, toute sa vie, Mauriac écrira. Des oeuvres de jeunesse à son dernier roman inachevé, Maltaverne, en passant par son bloc-notes, il s’exerce aux genres les plus variés. Poésie, romans, nouvelles, théâtre, essais, critiques, mémoires, journaux, articles, sans compter la somme d’entretiens à la radio ou à la télévision, reflètent le talent multiple d’un artiste polygraphe dont la carrière s’échelonne sur plus de soixante-cinq ans.
Néanmoins, face à cette carrière accomplie, François Mauriac est loin d’être un écrivain du consensus. Alliant classicisme et modernité, il échappe à toutes les catégories. A ceux qui veulent l’emprisonner dans son milieu d’origine, il se confronte, à ceux qui étiquettent son oeuvre, il s’oppose. On le croit de droite, il pense à gauche. Catholique, il écrit des romans sulfureux au parfum de scandale. Bourgeois, il met en évidence les failles d’une société
1 Le Figaro littéraire, 24 novembre 1960.
traditionnelle et réagit contre l’oppression et l’injustice. Provincial et sédentaire, il s’engage par-delà les frontières et défend une vision universelle de l’humanité. Académicien et Prix Nobel, couronné pour son oeuvre romanesque, il s’impose comme éditorialiste et jette son « prix dans la bagarre ». Retentissante, sa parole singulière est portée par une voix brisée. En écho à cette fêlure, il y a un monde malade et un homme qui se bat. Inclassable, Mauriac dérange.
Eloigné de toute idéologie qui s’érigerait en système, Mauriac n’élabore aucune théorie abstraite mais, à travers toutes les formes de son écriture, il se confronte à ce « brouillamini d’erreurs et de violences », à cette loi de « l’entre-dévorement » qui s’exerce dans le monde, tant au plan individuel que collectif. Aussi, à quelque échelle que se réalise l’événement, dans la fiction comme dans la réalité, Mauriac s’interroge toujours sur le sens, la portée de l’action humaine et sa valeur. Inscrivant le temporel au regard de l’éternel, Mauriac ne détache pas le destin personnel de la marche du monde. Quelle que soit la race, la couleur, le sexe ou la religion d’un individu, il s’agit toujours de défendre l’intégrité humaine.
Parce qu’il est « embarqué », à la fois témoin et acteur, Mauriac pose la question du libre-arbitre. Au silence, à l’indifférence, à la lâcheté ou à la trahison, il oppose une parole qui porte « la plume dans la plaie ». Pour Mauriac, s’engager c’est donner sa responsabilité en gage.
Nombreux sont les domaines dans lesquels la conscience de Mauriac face à son temps s’est exprimée, non seulement face à la politique, à l’histoire, à la croyance religieuse, mais aussi face à la littérature, aux arts, à la jeunesse, à la place de la femme, aux nouveaux modes de communication, à l’environnement...
A partir de l’exemple de Mauriac, de ses contemporains ou de ses successeurs, ce colloque aura pour objet de réévaluer, au regard de notre époque, les prolongements d’une pensée en action, en mettant en lumière les prises de position, qu’elles soient d’ordre éthique ou esthétique, des écrivains du XXe et XXIe siècles.
Les propositions de communication (un résumé de 300 mots environ) accompagnées d’un titre et d’une brève notice bio-bibliographique de l’auteur de la proposition) sont à envoyer à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Dates du colloque :
-  Délai de rigueur pour la soumission des propositions : 1er juin 2017
-  Réponse : 30 juin
-  Envoi des articles complets : 15 octobre 2017
-  Date du colloque : 2-3 novembre 2017


Lieu du colloque : Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Rabat


Comité scientifique Comité d’organisation
- Jamal Eddine EL HANI - Abdelkrim BENNANI
- Jean-Claude RAGOT - Jamal Eddine EL HANI
- Caroline CASSEVILLE - Jean-Claude RAGOT
- Philippe BAUDORRE - Caroline CASSEVILLE
- Karima YATRIBI - Karima YATRIBI
- Ijjou CHEIKH MOUSSA - Ijjou CHEIKH MOUSSA
- Yamina EL KIRAT
- Bennacer JAADOUNE