Calendrier seminaire Modernites 2017 18

Effets de lecture - Pour une énergétique de la réception

Le Séminaire Modernités 2017- 2018 s’inscrit dans l’actuel Programme quinquennal du Centre Modernités dans l’Équipe TELEM : « Esthétiques de l’énergie ». Le Séminaire 2015-2016 et 2016-2017 avait abordé la question de l’énergie du côté de l’écriture et de la création. Le nouveau Séminaire va maintenant explorer cette question de l’énergie du côté de la lecture et de la réception de la littérature des trois derniers siècles.
Nous nous pencherons particulièrement sur des œuvres littéraires qui thématisent ou théorisent ou impliquent une énergétique de la lecture. Quelles nouveautés la modernité littéraire a-t-elle apportées à la lecture et à la réception en termes d’énergie ? Qu’en est-ilaujourd’hui ? Le tournant pragmatique qui s’est développé dans les études littéraires depuis les années 1980 (Deleuze, Ricoeur, Vincent Jouve, Yves Citton, Marielle Macé, Hélène Merlin-Kajman...) nous a rendus sensibles aux effets éthiques des textes dans la vie même des lecteurs.
Notre réflexion intégrera aussi les effets historiques et politiques de la littérature des trois derniers siècles : comment la lecture peut-elle entraîner une mise en acte, une mise en action (une energeia). Nous nous interrogerons sur l’énergie psychique investie dans l’acte de lecture, sur le statut de l’émotion impliquée dans cette énergie, sur la part de la contrainte du texte et la part de la liberté du lecteur. Notre réflexion pourra s’aider d’une approche psychanalytique, mais aussi des apports des neurosciences. Nous nous demanderons en quoi l’énergie suscitée par les textes littéraires en leurs récepteurs diffère de celle que peuvent susciter des textes politiques, idéologiques, religieux. Nous essaierons de voir si les textes narratifs, les textes poétiques, et les textes théâtraux, produisent dans leur réception, en fonction de leurs spécificités formelles et stylistiques, des types différents d’énergie ; et nous pourrons envisager aussi les effets propres à la lecture à haute voix. Comme d’habitude, nous ne nous limiterons pas à la littérature française, mais nous pourrons aborder des textes de toute aire linguistique.
Nous questionnerons d’ailleurs la pratique de la traduction pour voir comment elle est concernée par ces problématiques. Nous pourrons ouvrir l’exploration aux autres arts, à l’énergie produite par la réception de la musique, de la peinture, du cinéma...

 

  

Calendrier du Séminaire

         Vendredi, 13H30-15H30, salle i.103 (salle à confirmer) – Entrée libre

 

  • 17 novembre : Eric Benoit : Introduction. L’énergie dans la conception de la lecture de quelques écrivains (de Diderot à Proust, Péguy, Sartre)
  • 24 novembre : Alessandro Scarsella (Professeur Invité, Université Ca’Foscari, Venise) : « Littérature et sciences cognitives en Italie (et en Espagne) : mondes possibles, neuro-narratologie»
  • 1er décembre : Eric Benoit : Sur le tournant pragmatique des théories de la lecture et de la réception.
  • 8 décembre (séance ajoutée) : Eric Benoit. Suite.
  • 19 janvier : Béatrice Bloch : « Suspense, jalousie, injustice, etc., ou comment la littérature plonge le lecteur dans des états passionnels intenses
  • 26 janvier : Olivier Bessard-Banquy : « De la ferveur dans la réception des textes »
  • 2 février : Alexandre Gefen : « Guérir par les livres ?»
  • 9 février : Hélène Merlin - Kajman : « Énergétique et transitionnalité ».
  • 2 mars : David Yvon : « Poisons de la lecture. L'idée d'un livre immoral au siècle des Lumières »
  • 9 mars : Katixa Dolharé : « La lecture à haute voix : énergie de la parole »
  • 16 mars :  Isabelle Poulin : « La "pulsion de traduire". Sur quelques représentations contemporaines du traducteur comme Lecteur Modèle »
  • 23 mars : (exceptionnellement dans la Salle des Thèses de la Maison de la Recherche) : Colloque sur Jacques Rivière
  • Le Colloque, adossé au Séminaire, se poursuivra le samedi 24 mars à la Librairie Mollat (salle « Station Ausone »).
  • 30 mars : Stanislas Gauthier : « Sterne et Pouchkine à la lampe de Meschonnic : la digression ou l’énergie des affects »
  • 6 avril : Delphine Gachet : « Au-delà de la traduction : retraduction, adaptation, inspiration – à partir de l’œuvre de Buzzati»
 

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Affiche Séminaire Modernités 2015 2016Écritures de l’énergie

L’idée d’énergie sera déclinée à la fois dans son versant thématique, dans son versant métalittéraire (l’énergie de l’écriture, l’énergie créatrice), et dans son versant formel (stylistique), non seulement dans la littérature française, mais aussi dans les littératures des autres domaines linguistiques.

 Les travaux du Séminaire prendront en compte surtout la littérature des trois derniers siècles. Le XVIIIe siècle sera un nécessaire point de départ pour la construction de la notion même d’énergie, avec notamment l’œuvre de Diderot (qui permet d’ailleurs des ouvertures vers d’autres arts comme la peinture). Le XIXe siècle a été à son tour traversé par les problématiques de l’énergie : chez W. von Humboldt (l’énergie du langage), Balzac (par exemple l’épuisement de l’énergie vitale dans La Peau de chagrin), Hugo (l’énergie créatrice du « génie » dans William Shakespeare), Rimbaud (« les énergies chorales et orchestrales et leurs applications instantanées », la « future Vigueur »), Mallarmé (le drame solaire sous toutes ses formes), Zola (comme l’a montré le livre de Michel Serres sur Zola), le premier Claudel (Tête d’or)… Au XXe siècle, la pensée de Bergson a donné à l’idée de l’énergie créatrice une place cruciale dans la réflexion esthétique ; puis la réception de Nietzsche a orienté une part des questions liées à l’énergie : c’est le cas par exemple dans l’œuvre de Bataille (La Notion de dépense, La Part maudite, L’Economie à la mesure de l’univers, où l’on voit que le domaine économique interfère aussi avec la question de l’énergie), mais aussi dans l’œuvre de Sollers. La question de l’énergie est aussi centrale chez Beckett (la perte de l’énergie), ou chez Giono (le regain de l’énergie), chez René Char (« l’énergie disloquante de la poésie », « l’énergie visionnaire » de Rimbaud), chez Michel Deguy (« l’énergie du désespoir »), ou encore dans l’œuvre de Michaux chez lequel l’énergie intérieure du sujet s’extériorise en gestes qui sont aussi ceux du dessin et de la peinture. Les autres arts pourront donc entrer dans la réflexion.

 

 

 

 Calendrier du Séminaire

 Vendredi, 13H30-15H30, salle i.103 – Entrée libre

 

 - 18 novembre : Eric Benoit : Étymologie Rhétorique – Linguistique (Humboldt).

- 25 novembre : Eric Benoit : Lumières, Révolution, Romantisme (Diderot, Sade, Blake, Faust, Hugo...)

- 2 décembre : Eric Benoit : Variations thermodynamiques, début (Balzac, Carnot, L'Or du Rhin – Baudelaire, Mallarmé, mythes solaires).

- 9 décembre : Eric Benoit : Variations thermodynamiques, suite (Rimbaud, Tête d'or – Zola, Verne, Jarry, Freud).

- 20 janvier : Eric Benoit : Élan vital (Ostwald, Bergson, Péguy, Teilhard de Chardin).

- 27 janvier : Eric Benoit : Pulsions et dépenses (futurisme, surréalisme, Bataille, Jouve).

- 3 février : Daniel Ferreira (Université Fédérale de Rio de Janeiro) : Sur Sade.

- 10 Février : Jean-Michel Gouvard : Énergie et hystérie chez Baudelaire.

 - 17 février : Joëlle de Sermet : L’énergie de la rime.

 - 10 mars : Yann Mevel (Université de Sendai, Japon) : Énergie versus mélancolie ? – Sur l’œuvre e de Jean-Philippe Toussaint.

- 17 mars : Nicolas Di Méo : Les « professeurs d’énergie » : un mythe politique et littéraire.

- 24 mars : Eric Dazzan : « Le chant du grillon… », de Mallarmé à Char.

- 31 mars : Régis Lefort : Le poème, « ce lieu de haute énergie » (Lorand Gaspard)

- 7 avril : Eric Benoit : Âge nucléaire (Beckett, Deleuze, Sollers, Houellebecq...).

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