Frankenstein intermédiatiques.
Intermedial Frankensteins

Appel à contributions (scroll down for the English version)

 

200 ans après la publication de la première édition de Frankenstein, or, The Modern Prometheus (1818), la fiction imaginée par Mary Shelley a connu des réécritures, appropriations et transpositions au théâtre, au cinéma, en bandes dessinées. Les deux figures centrales, le savant fou et la créature, ont fait l’objet de variations dans les affiches et dessins satiriques, dans la culture populaire et les clips vidéo. Dans l’imaginaire collectif, le mythe moderne créé par Mary Shelley, loin de se réduire au texte primitif, doit sa popularité au relais assuré par des supports médiatiques très divers. La vivacité du mythe se vérifie dans la fréquence des versions cinématographiques mais aussi dans la production de séries (Penny Dreadful, The Frankenstein Chronicles, American Horror Story) qui raniment les motifs et les personnages d’un récit devenu familier. Il est donc légitime de s’interroger sur la dynamique de répétition et d’innovation qui caractérise ces reprises dans différents espaces médiatiques. Quels sont les motifs récurrents, les invariants en quelque sorte, du mythe de Frankenstein ? À l’inverse quelle est la part de nouveauté et d’invention des fictions inspirées du roman de Mary Shelley et à quelles finalités répondent les modifications, parfois radicales, apportées par romanciers, scénaristes, dessinateurs, etc. ? S’agit-il, comme dans Frankenweenie (Tim Burton, 2012) d’adapter le mythe à un type de public particulier (les enfants et adolescents), ou, comme dans The Casebook of Victor Frankenstein (Peter Ackroyd, 2011), de renouveler la lecture du roman initial en jouant sur la refocalisation et en mobilisant les ressources du postmodernisme ? Quel sens donner au fait que si certaines de ces fictions proposent une alternative au mythe (adaptation, réécriture ou palimpseste) d’autres semblent proposer une extension de la diégèse (I, Frankenstein ; Stuart Beattie, 2014), quand d’autres enfin intègrent le roman comme objet culturel dans leur univers fictionnel (les prologues des films de Whales, le roman Frankenstein Unbound, de Brian Aldiss) ?

Ce colloque explorera le destin intermédial de Frankenstein en privilégiant la spécificité des supports et en s’interrogeant notamment sur la production de sens associée à l’intermédialité. Les domaines explorés seront la littérature, le théâtre, le cinéma, les cultures populaires, le jeu vidéo, la bande dessinée. On pourra s’intéresser à la réception des productions culturelles et aux discours théoriques et critiques qui les accompagnent, dans le but de réaliser un état des lieux du mythe de Frankenstein aujourd’hui et de sa construction. On ne s’interdira pas pour autant de revenir à la source, puisque l’intermédialité caractérise dès l’origine la production du texte de Mary Shelley, dont la deuxième version (1831) fut publiée après la production de plusieurs versions théâtrales, et incluait des illustrations qui soulevaient déjà la question de la mise en images du récit. Le texte de Frankenstein lui-même, en mobilisant les ressources du sublime, instaurait déjà un dialogue avec les arts visuels, notamment dans les descriptions de la Mer de Glace.

Les propositions de communication, d’environ 200 mots, doivent être envoyées avec une brève note autobiographique avant le 31 janvier 2018 aux adresses suivantes

  • Jean-Francois Baillon (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Delphine Gachet (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Nicolas Labarre (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Gilles Menegaldo (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Natacha Vas Deyres (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

English version

In the 200 years following its first edition, Mary Shelley’s Frankenstein, or, The Modern Prometheus (1818) has been abundantly rewritten, appropriated, transposed and adapted, in other novels, in films, in comics or in plays. Multiple variations on its two central figures, the mad scientist and the creature, appear in posters, cartoons, music videos, video games and other popular cultural objects. In the collective imagination, the popularity of the Frankenstein myth owes as much to the original text as to the way it has been relayed and reshaped in a variety of media. The continued vitality of the myth is attested by the regular release of new cinematic versions, but also by its inclusion into many contemporary television shows (Penny Dreadful, The Frankenstein Chronicles, American Horror Story, to name a few) which revive and update the motifs of the familiar narrative.

This calls attention to the tension between repetition and innovation at work in these incarnations across various media. What are the recurring motifs, the invariants of the Frankenstein myth? Conversely, how and why is it transformed by novelists, filmmakers, artists, etc.? How is the narrative adapted to a new audience (children and teenagers), as in Tim Burton’s Frankenweenie (2012)? How is it renewed by a re-focalized postmodern reading, as in Peter Ackroyd’s The Casebook of Victor Frankenstein (2011)? How should we interpret the fact that some of these fictions offer alternative versions of the novel (through adaptations, rewriting, palimpsests, quotations, etc.) while other aim at expanding its story (I, Frankenstein, Stuart Beattie, 2014), and others yet turn the novel into a cultural object within the fictional universe (the prologues to Whale’s films, Brian Aldiss’s Frankenstein Unbound, 1973).

This conference will seek to explore Frankenstein’s intermedial destiny through a focus on medium specificity, in the hope of delineating the meaning-making process generated by intermedial circulation, through literature, drama, video games, comics and popular culture more generally. The organizers would like to invite proposals dealing with the reception of these cultural products but also on the critical and theoretical discourses they generate, in the hope of sketching an overview of the Frankenstein myth today, and the process by which it is constantly constructed. This does not preclude going back to the source-text, since intermediality informs Mary Shelley’s own text. The second edition (1831) was published after several theater productions and it included illustrations, which already raised the issue of the representation of the narrative. The very text of Frankenstein, and its use of the sublime, was already in dialogue with the visual arts, notably through its description of the sea of ice.

Short proposals (about 200 words) should be sent to the organizers, along with a brief autobiographical note, before January 31, 2018:

  • Jean-Francois Baillon (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Delphine Gachet (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Nicolas Labarre (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Gilles Menegaldo (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)
  • Natacha Vas Deyres (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.)

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31ème COLLOQUE INTERNATIONAL MAURIAC
Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’Université Mohammed V,
Rabat, Maroc
2-3 novembre 2017
« ECRIRE, C’EST AGIR »


Appel à communication pour le colloque organisé par le Laboratoire Langues, Littératures, Arts et Cultures de la Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de l’Université Mohammed V, Rabat, et le Centre Mauriac/EA TELEM n°4195 de l’Université Bordeaux Montaigne en collaboration avec l’Association Ribat Al Fath pour le Développement Durable, la SIEM (Société Internationale des études mauriaciennes) et le Centre François Mauriac de Malagar (Région Nouvelle-Aquitaine).
D’hier à aujourd’hui, les engagements de François Mauriac s’inscrivent au coeur des grands débats de la société. Animé d’un sens aigu de la justice, la lucidité avec laquelle Mauriac interprète les événements donne la mesure de son implication au coeur de la cité. Pour lui, « Écrire c'est agir ».
Et, toute sa vie, Mauriac écrira. Des oeuvres de jeunesse à son dernier roman inachevé, Maltaverne, en passant par son bloc-notes, il s’exerce aux genres les plus variés. Poésie, romans, nouvelles, théâtre, essais, critiques, mémoires, journaux, articles, sans compter la somme d’entretiens à la radio ou à la télévision, reflètent le talent multiple d’un artiste polygraphe dont la carrière s’échelonne sur plus de soixante-cinq ans.
Néanmoins, face à cette carrière accomplie, François Mauriac est loin d’être un écrivain du consensus. Alliant classicisme et modernité, il échappe à toutes les catégories. A ceux qui veulent l’emprisonner dans son milieu d’origine, il se confronte, à ceux qui étiquettent son oeuvre, il s’oppose. On le croit de droite, il pense à gauche. Catholique, il écrit des romans sulfureux au parfum de scandale. Bourgeois, il met en évidence les failles d’une société
1 Le Figaro littéraire, 24 novembre 1960.
traditionnelle et réagit contre l’oppression et l’injustice. Provincial et sédentaire, il s’engage par-delà les frontières et défend une vision universelle de l’humanité. Académicien et Prix Nobel, couronné pour son oeuvre romanesque, il s’impose comme éditorialiste et jette son « prix dans la bagarre ». Retentissante, sa parole singulière est portée par une voix brisée. En écho à cette fêlure, il y a un monde malade et un homme qui se bat. Inclassable, Mauriac dérange.
Eloigné de toute idéologie qui s’érigerait en système, Mauriac n’élabore aucune théorie abstraite mais, à travers toutes les formes de son écriture, il se confronte à ce « brouillamini d’erreurs et de violences », à cette loi de « l’entre-dévorement » qui s’exerce dans le monde, tant au plan individuel que collectif. Aussi, à quelque échelle que se réalise l’événement, dans la fiction comme dans la réalité, Mauriac s’interroge toujours sur le sens, la portée de l’action humaine et sa valeur. Inscrivant le temporel au regard de l’éternel, Mauriac ne détache pas le destin personnel de la marche du monde. Quelle que soit la race, la couleur, le sexe ou la religion d’un individu, il s’agit toujours de défendre l’intégrité humaine.
Parce qu’il est « embarqué », à la fois témoin et acteur, Mauriac pose la question du libre-arbitre. Au silence, à l’indifférence, à la lâcheté ou à la trahison, il oppose une parole qui porte « la plume dans la plaie ». Pour Mauriac, s’engager c’est donner sa responsabilité en gage.
Nombreux sont les domaines dans lesquels la conscience de Mauriac face à son temps s’est exprimée, non seulement face à la politique, à l’histoire, à la croyance religieuse, mais aussi face à la littérature, aux arts, à la jeunesse, à la place de la femme, aux nouveaux modes de communication, à l’environnement...
A partir de l’exemple de Mauriac, de ses contemporains ou de ses successeurs, ce colloque aura pour objet de réévaluer, au regard de notre époque, les prolongements d’une pensée en action, en mettant en lumière les prises de position, qu’elles soient d’ordre éthique ou esthétique, des écrivains du XXe et XXIe siècles.
Les propositions de communication (un résumé de 300 mots environ) accompagnées d’un titre et d’une brève notice bio-bibliographique de l’auteur de la proposition) sont à envoyer à l’adresse suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.


Dates du colloque :
-  Délai de rigueur pour la soumission des propositions : 1er juin 2017
-  Réponse : 30 juin
-  Envoi des articles complets : 15 octobre 2017
-  Date du colloque : 2-3 novembre 2017


Lieu du colloque : Faculté des Lettres et des Sciences Humaines de Rabat


Comité scientifique Comité d’organisation
- Jamal Eddine EL HANI - Abdelkrim BENNANI
- Jean-Claude RAGOT - Jamal Eddine EL HANI
- Caroline CASSEVILLE - Jean-Claude RAGOT
- Philippe BAUDORRE - Caroline CASSEVILLE
- Karima YATRIBI - Karima YATRIBI
- Ijjou CHEIKH MOUSSA - Ijjou CHEIKH MOUSSA
- Yamina EL KIRAT
- Bennacer JAADOUNE

APPEL A COMMUNICATION

18Rencontres

des chercheurs en didactique de la littérature

31 mai- 3 juin 2017

« Littérature de l'altérité, altérités de la littérature :

moi, nous, les autres, le monde »

ESPE de Caen, Université de Caen

MRSH - LASLAR (Caen, EA 4256) - DYLIS (Rouen, EA 4701)

Organisation : Magali Jeannin, Anne Schneider

Comité scientifique :

Jean-Charles Chabanne, ACTÉ/LIRDEF, ENS Lyon

Christiane Connan-Pintado, TELEM, Université de Bordeaux 3

Jean-Louis Dufays, CRIPEDIS, Université Catholique de Louvain

Marie-José Fourtanier, LLA CREATIS, Université de Toulouse 2

Magali Jeannin, Laslar, Université de Caen

Laure Himy-Piéri, LASLAR, Université de Caen

François Le Goff, LLA CREATIS, Université de Toulouse 2

Natalie Lacelle, EntreLACer, Université du Québec à Montréal,

Brigitte Louichon, LIRDEF, Université de Bordeaux 3

Jean-François Massol, UMR 5316 LITT&ARTS CNRS, Université de Grenoble Alpes

Catherine Mazauric, CIELAM, Université d’Aix-Marseille

Marie-Claude Penloup, DYLIS, Université de Rouen

AMarie Petitjean, DYLIS, Université de Rouen

Nathalie Rannou, CELLAM, Université de Rennes 2

Annie Rouxel, TELEM, Université de Bordeaux 3

Anne Schneider, LASLAR, Université de Caen

Elisabeth Schneider, ESO, Université de Caen

Comité d’organisation :

Anne Schneider, ESPE de Caen

Marie-Claude Penloup, Université de Rouen

Magali Jeannin, ESPE de Caen

AMarie Petitjean, ESPE de Rouen

Laure Himy-Piéri, ESPE de Caen

Elisabeth Schneider, ESPE de Caen

Christophe Pavie, ESPE de Caen

Sonia Castagnet-Caignec, ESPE de Caen

Béatrice Finet, ESPE de Caen

Isabelle Henry, ESPE de Caen

Responsables des axes :

-Axe 1 : Didactique de la littérature française et francophone : Anne Schneider, Magali Jeannin

-Axe 2 : Didactique de la littérature et pratiques langagières : AMarie Petitjean, Laure Himy-Piéri, Sonia Castagnet-Caignec

-Axe 3 : Didactique de la littérature et littéracies numériques : Elisabeth Schneider, AMarie Petitjean

-Axe 4 : Didactique des littératures étrangères et FLE : Magali Jeannin, Elise Ouvrard

-Axe 5 : Didactique de la littérature de jeunesse et des arts visuels: Anne Schneider, Béatrice Finet

Lieux : ESPE de Caen, MRSH

Nombre de chercheurs : 60

Dimension internationale : 20 chercheurs de Tunisie, Algérie, Canada, Suisse, Belgique, Portugal, Grèce.

Publication prévue : une publication est prévue en deux modalités, l’une en ligne ou sous forme de CD-Rom aux Cahiers de la Recherche de l’ESPE de Caen, l’autre en format papier dans le cadre de Presses Universitaires.

 

            Dans le contexte actuel d’hypermodernité[i], marqué par le brouillage des catégories du proche / lointain, voisin / étranger, les individus se fantasment en monades autosuffisantes et refusent le risque de la relation intersubjective. Pourtant, prétendre définir l’identité sans l’envisager dans sa dimension intersubjective conduit à la chosification du sujet lui-même et du monde qu’il prétend appréhender : expérience profondément inauthentique[ii].

« C'est que  l'identité est d'abord un être-dans-le-monde, ainsi que disent les philosophes, un risque avant tout, qu'il faut courir, et qu'elle fournit ainsi au rapport avec l'autre et avec ce monde, en même temps qu'elle résulte de ce rapport[iii]. » Cette définition dynamique de l’identité proposée par Patrick Chamoiseau et Edouard Glissant fait écho à celle de l’anthropologue François Laplantine[iv] qui conditionne l’existence même d’une culture à un constant travail interne de déplacement et de mouvement. Dans cette perspective, il appelle à prendre garde à l’enclavement actuel du concept d’identité, « slogan brandi comme un totem ou répété d’une manière compulsive comme une évidence paraissant avoir résolu ce qui précisément pose problème : son contenu, ses contours, sa possibilité même[v]. » Tous trois envisagent non pas un système clos, mais un processus dynamique, ainsi résumé par François Laplantine : l’identité n’est « pas liée à l’appartenance à un territoire, une famille, une langue, […] ce n’est pas l’assignation, la désignation du social, de la culture, mais le fait que ces derniers puissent être parcourus dans tous les sens. C’est le parcours de ce que Deleuze appelle la dé-territorialisation[vi]. » Le parcours de Glissant le conduit vers l’errance : « Par la pensée de l’errance nous refusons les racines uniques et qui tuent autour d’elles : la pensée de l’errance est celle des enracinements solidaires et des racines en rhizome. Contre les maladies de l’identité racine unique, elle est et reste le conducteur infini de l’identité relation[vii]. » Cette mobilité symbolique– déterritorialisation, parcours, errance– préserve également des pensées de système, « de leur intolérance et de leur sectarisme » ; c’est « une pensée de l’ambiguïté et de non certitude[viii] » qui empêche de vouloir réduire le différent au semblable, de le dominer, de poser une suprématie ou un impérialisme. Elle repose également sur la reconnaissance de l'altérité comme un autre soi, susceptible de rencontrer, d'influencer, de faire évoluer notre pensée et de la relier aux autres.

Il s’agira donc de « remplacer une pensée qui sépare et qui réduit par une pensée qui distingue et qui relie[ix] », ainsi que le prône notamment Edgar Morin, afin de répondre aux défis actuels de l’hypermodernité, qui obligent à repenser la notion de condition humaine. Le concept de « reliance », d'abord forgé par le sociologue Marcel Bolle de Bal[x] et que Morin développe en éducation dans La tête bien faite[xi] semble particulièrement efficient dans la mesure où son ancrage est pluridisciplinaire. Le terme de reliance, désormais décliné dans de nombreux domaines –anthropologique, sociologique, interculturel–, permet de développer une conception inclusive du savoir où la prise en compte de l’autre est au cœur même de ce qui relie.

Or, l'enseignement de la littérature est à la fois le lieu possible du développement d'une pensée analogique, « de l'aptitude à contextualiser et globaliser les savoirs[xii] », mais également un laboratoire didactique de l'enseignement pluriel, relié, transdisciplinaire propre à la création d'une tête bien faite. « L'ouverture subjective (sympathique à autrui)[xiii] » et « l'intériorisation de la tolérance »[xiv] peuvent-ils être à l'origine d'une réflexion didactique, particulièrement en littérature où s’associent les rencontres avec une œuvre, un auteur, une langue ? Notre réflexion portera sur la littérature, lieu même d'une approche complexe du monde, c'est-à-dire d'une compréhension de soi, des autres, du monde, dans la lignée de travaux déjà engagés en didactique de la littérature. Ainsi, dès 2005, Annick Brillant-Annequin et Jean-François Massol appuyaient le fait que « la littérature contribue à la construction de soi en tant que sujet, en permettant à l'élève lecteur de faire l'expérience de la décentration et de l'altérité, grâce à une confrontation symbolique avec la diversité des valeurs et visions du monde qui s'y trouvent véhiculées[xv]». La littérature, dont l'approche s'inscrit dans la prise en compte de la subjectivité du lecteur, suppose de relier deux conceptions du monde ou deux vécus, celui de l'auteur et le sien. Si l'appropriation subjective de la littérature suppose « d'oser lire depuis soi[xvi] », elle suppose aussi d' « oser l'autre[xvii] ».

Les Rencontres des chercheurs en didactique de la littérature se sont penchées sur la question de la subjectivité en littérature ; le positionnement du sujet lecteur, acteur et auteur de sa lecture a été à l'origine des réflexions, entre autres, sur la génétique textuelle, l'oral, le rapport au patrimoine littéraire, la question des corpus, la multimodalité, les écritures de réception, le lien entre littérature et arts, depuis les Rencontres de Rennes en 2000 jusqu'à celles de Lyon en 2016.

Notre objectif est de repenser la question de l'autre en littérature, comme nous y convie le Domaine 5 du nouveau Socle de connaissances, de compétences et de culture ; en effet ce domaine « implique […] une réflexion sur soi et sur les autres, une ouverture à l'altérité et contribue à la construction de la citoyenneté, en permettant à l’élève d’aborder de façon éclairée de grands débats du monde contemporain[xviii]. » Pensée en termes de texte du lecteur, de lecture littéraire, mais aussi de lien entre littérature et écriture, littérature et arts, littérature et langage dans « l'espace des prescriptions, l'espace des recommandations, l'espace des pratiques d'enseignement et des apprentissages disciplinaires, l'espace des (re)constructions-appropriations des disciplines par les acteurs[xix] », la littérature des altérités est un champ d'investigation ouvert et riche au cœur même de la didactique de la littérature. Il s'agira ainsi de s'intéresser aux moyens et enjeux d'une didactique de la/des littérature(s) fondée sur le développement d'une pensée en rhizome chère à Glissant : une didactique de la relation dans et par une littérature envisagée comme fondamentalement ouverte, plurielle et multiforme, et dont les approches se conçoivent conjointement dans ses manifestations culturelles, artistiques, langagières et multimodales.

Les axes d'étude retenus sont les suivants :

-Axe 1 : Didactique de la littérature française et francophone 

-Axe 2 : Didactique de la littérature et pratiques langagières

-Axe 3 : Didactique de la littérature et littéracies numériques 

-Axe 4 : Didactique des littératures étrangères et FLE  

-Axe 5 : Didactique de la littérature de jeunesse et des arts visuels

Seront retenues prioritairement les propositions de communications qui s'inscrivent précisément dans le cadre de la didactique de la littérature et tenant compte de ce fait d'analyses de pratiques ou de matériaux didactiques, ainsi que de réflexion sur les prescriptions, les programmes, les problématiques d'enseignement.

Les propositions comprendront environ 2000 signes et seront accompagnées d'un titre, d'une notice bio-bibliographique, de cinq mots-clés, d'une bibliographie. Elles devront faire la mention explicite de l'axe dans lequel elles se situent et devront être envoyées simultanément aux deux organisatrices aux adresses suivantes :

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Frais d'inscription : 70 euros pour un chercheur avant le 1er mars 2017. 100 euros à partir du 1er mars 2017. / 35 euros pour un étudiant.

Lieu : ESPE de Caen, 186 rue de la Délivrande, 14000 CAEN

Calendrier :

1-Publication sur Fabula.org et dans les réseaux des chercheurs en didactique de la littérature : 15 octobre

2-Date butoir du retour des propositions : 15 janvier

3-Sélection des propositions : 15 janvier-15 février

4-Avis aux communicants :  à partir du 15 février

5-Programme finalisé : 15 avril

6-Date du colloque : mercredi 31 mai 9 h au samedi 03 juin 2017 16 h

7-Retour des articles : 15 août 2017

8-Relectures et corrections : 15 août 2017 au 15 juin 2018

9-Dépôt du volume : 15 juin 2018

Bibliographie

AHR, Sylviane, & JOOLE, Patrick (Eds.). (2013). Carnet/journal de lecture/lecteur. Quels, pour quels enjeux, de l’école à l’université? Namur: Presses Universitaires de Namur.

BARTHES Roland (1973), Le plaisir du texte, Editions du Seuil, Paris.

BEHOTEGUY, Gilles, CONNAN PINTADO, Christiane & PLISSONNEAU, Gersende (2015). Idéologie et romans pour la jeunesse au XXIe siècle. Modernités, 38.

BOLLE de BAL, Marcel, (1996) De la reliance. Voyage au cœur des sciences sociales, L’Harmattan.

BRAUD, Michel, LAVILLE, Béatrice, LOUICHON, Brigitte (dir.), (2006), Les Enseignements de la fiction, Bordeaux, PUB, Modernités n°24, 2006

CITTON Yves et DUMASY Lise (dir.) (2013), Le Moment idéologique. Entre émergence de la littérature et constitution des sciences de l'homme, ENS édition

CHABANNE, Jean-Charles, Dominique, BUCHETON, (2002), Parler et écrire pour penser, apprendre et se construire, L'écrit et l'oral réflexif, Education et formation, PUF.

DUFAYS, Jean-Louis, (dir.) (2007), Enseigner et apprendre la littérature aujourd'hui, pour quoi faire ? Sens, utilité, évaluation, Presses Universitaires de Louvain.

DUGAS, Eric, FERREOL, Marc (dir.), (2015), Oser l'autre, altérités et éducabilité dans la France contemporaine, EME éditions.

FOURTANIER, Marie-José (2006), « Des jeux vidéos aux fictions hypertextuelles et aux carnets de bord interactifs. Les pratiques culturelles de l’autre », DEMOUGIN, Françoise (dir), Lire dans la langue de l’autre, Montpellier, Didaxis, p. 81-91

FOURTANIER, Marie-José (2007), « Plaidoyer pour une lecture littéraire du monde », in Le lecteur engagé. Critique-enseignement-politique, I. Poulin et J. Roger (dir.), Modernités n° 26, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux.

FOURTANIER, Marie-José (2008), « Lecteurs, imaginaire et pratiques culturelles. Altérité et cyberculture », Formation des lecteurs, formation de l’imaginaire, ROY M. (dir), Figura, Université du Québec à Montréal, p.125-137.

GLISSANT, Edouard, CHAMOISEAU, Patrick, (2007), Quand les murs tombent, l'identité nationale hors-la-loi ? , Edition Galaade, Edition Tout-Monde.

GLISSANT, Edouard (2010) L’imaginaire des langues. Entretiens avec Lise Gauvin (1991-2009), Gallimard.

GLISSANT, Edouard, (2009), Philosophie de la relation, NRF Gallimard.

JOUVE, Vincent (2014). « Valeurs littéraires et valeurs morales : la critique éthique en question ». Journée d’études Littérature et valeurs. Reims : CRIMEL. https://f.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/1449/files/2014/03/LitVal_Jouve.pdf.

LAPLANTINE, François, (1987) L’Anthropologie, Petite Bibliothèque Payot.

LAPLANTINE, François, (1999) Je, nous et les autres, Le Pommier.

LOUICHON, Brigitte, (2007) « Valeurs et littérature à l’école primaire », in Dominique Rabaté (dir), L’art et la question de la valeur, Bordeaux, PUB, Modernités n° 25.

LOUICHON, Brigitte, ROUXEL, Annie (dir.), (2009), Du corpus scolaire à la bibliothèque intérieure, Rennes, PUR, « Paidea ».

MAZAURIC, Catherine, FOURTANIER Marie-José, LANGLADE, Gérard (dir.) (2011), Le texte du lecteur, Peter Lang.

MAZAURIC, Catherine, FOURTANIER Marie-José, LANGLADE, Gérard (dir.) (2011), Textes de lecteurs en formation, Peter Lang, 1.

MACE, Marielle (2011), Façons de lire, manières d'être, Paris, Gallimard, coll NRF, Essais.

MEN, BO n° 17, 23 avril 2015, « Le socle commun de connaissances, de compétences et de culture. »

MIES, Françoise, 1994. De "L'Autre". Essai de typologie, Presses universitaires de Namur

MORIN, Edgar, (1999), Les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur, Seuil.

MORIN, Edgar, (1999), Relier les connaissances, le défi du XXI ème siècle, Seuil.

MORIN, Edgar, (1999), La tête bien faite, coll. L'histoire immédiate, Paris, Seuil.

REUTER, Yves, (2015), « L'importance du vécu des matières pour comprendre violence et décrochage scolaires » in Oser l'autre, altérités et éducabilité dans la France contemporaine, EME éditions.

RICOEUR, Paul (1990), Soi-même comme un autre, Seuil, Paris

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ROUXEL, Annie, LANGLADE, Gérard (dir.) (2004), Le sujet lecteur, lecture subjective et enseignement de la littérature, PU de Rennes.

ROUXEL, Annie, (2010), « L'appropriation singulière de la culture littéraire comme fondement d'une identité francophone vivante », in Jean-Pierre Cuq et Patrick Chardenet, Faire vivre les identités, un parcours en francophonie, Editions des archives contemporaines.

SEOUD, Amor (2010), Les littératures francophones : quels apports, quelles perspectives pour la didactique du français? , 10èmes Rencontres des chercheurs en didactique de la littérature, Sousse, Editions Sahar.

SCHNEIDER, Anne (2005), "La littérature de jeunesse migrante : fait culturel ou fait littéraire ? " in Annick Brillant-Annequin et Jean-François Massol,  Le pari de la littérature, quelles littératures de l'école au lycée ?, CRDP de Grenoble.

SCHNEIDER, Anne (2013), La littérature de jeunesse migrante, Récits d’immigration de l’Algérie à la France, coll. Espaces littéraires, L’Harmattan.

SHAWKY-MILCENT, Bénédicte, (2016), La lecture ça ne sert à rien ! Usages de la littérature au lycée et partout ailleurs..., coll. Partage du savoir, PUF.

URRY, John, (2005) Sociologie des mobilités, Une nouvelle frontière pour la sociologie, Armand Colin.

VIARD, Jean, ROLLIN, Ugo (2006) Eloge de la mobilité, Essai sur le capital temps libre et la valeur travail, La Tour d’Aigues, Editions de l'Aube.

Revue :

Altérité et formation des enseignants, Lidil, 39, 2009.

 


[i] Voir notamment Nicole Aubert, L’individu hypermoderne, Editions Eres, 2006.

[ii] Telle l’expérience de Roquentin dans La Nausée, Sartre, Gallimard, 1938. Cette perspective phénoménologique, qui est une philosophie du sujet envisagé dans sa relation avec autrui, est également convoquée par les tenants de l’éducation interculturelle (Martine Abdallah-Pretceille, Louis Porcher, Education et communication interculturelle, PUF, 1996).

[iii] Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Quand les murs tombent, l'identité nationale hors-la-loi ?, Edition Galaade, Edition Tout-Monde, 2007, p. 2.

[iv] François Laplantine, L’Anthropologie, Petite Bibliothèque Payot, 1987.

[v] François Laplantine, Je, nous et les autres, Le Pommier, 1999, p. 19.

[vi] Ibid., p. 85-86.

[vii] Edouard Glissant, Philosophie de la relation, NRF Gallimard, 2009, p. 62.

[viii] Edouard Glissant, L’imaginaire des langues. Entretiens avec Lise Gauvin (1991-2009), Gallimard, 2010, p. 37-38.

[ix] Edgar Morin, Les sept savoirs nécessaires à l'éducation du futur, Seuil, 1999, p. 48.

[x] Marcel Bolle de Bal, De la reliance. Voyage au cœur des sciences sociales, L’Harmattan, 1996.

[xi] Edgar Morin, La tête bien faite, coll. L'histoire immédiate, Paris, Seuil, 1999. Il défend également ce concept de « reliance » dans d’autres essais, notamment le recueil pluridisciplinaire Relier les connaissances, le défi du XXème siècle, Seuil, 1999.

[xii] Edgar Morin, La tête bien faite, op. cit. p.27.

[xiii] Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Quand les murs tombent, l'identité nationale hors-la-loi ,? op. cit., p. 113.

[xiv] Ibid.

[xv] Annick Brillant-Annequin, Jean-François Massol, Préface, in Annick Brillant-Annequin, Jean-François Massol (dir), Le pari de la littérature, quelles littératures de l'école au lycée ?, CRDP de Grenoble, 2005, p. 13. Cette réflexion se trouvera d'ailleurs prolongée en novembre 2017 par le colloque « Littérature et valeurs », organisé par Jean-François Massol notamment.

[xvi] Annie Rouxel, « L'appropriation singulière de la culture littéraire comme fondement d'une identité francophone vivante », in Jean-Pierre Cuq et Patrick Chardenet, Faire vivre les identités, un parcours en francophonie, Editions des archives contemporaines, 2010, p.51-60.

[xvii] Eric Dugas et Marc Ferréol (dir.), Oser l'autre, altérités et éducabilité dans la France contemporaine, EME éditions, 2015.

[xviii] Ministère de l'Education Nationale, Socle commun de connaissances, de compétences et de culture, Bulletin Officiel n°17 du 23 avril 2015.

[xix] Yves Reuter, « L'importance du vécu des matières pour comprendre violence et décrochage scolaires » in Oser l'autre, op. cit. , p. 138.

 

Université de Bordeaux-ESPE d’Aquitaine -
TELEM (EA 4195) Université Bordeaux-Montaigne -
CELIS (EA 4280) Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand

 

COLLOQUE INTERNATIONAL

L’épanchement du conte dans la littérature

Perspectives littéraires et didactiques

Bordeaux, les 5 et 6 mars 2017

 

APPEL A COMMUNICATIONS

 

Depuis qu’ils sont entrés en littérature en France sous l’Ancien Régime, les contes ont essaimé dans toutes les sphères de la représentation, légitimées ou triviales. En 2001, l’exposition de la Bibliothèque nationale de France[1] avait mis en évidence la récurrence de leurs personnages et de leurs scénarios bien au-delà des livres, et jusque dans les objets familiers. De plus, les références aux contes innervent le langage sur le mode de l’allusion ou de la figure, créent des effets de connivence et jouent le rôle de mots de passe culturels. Le colloque propose de s’attacher à cette omniprésence et à cette influence dans le domaine proprement littéraire – excluant donc le cinéma, les séries télévisées, les jeux vidéo, la publicité, etc. – afin d’interroger la manière dont les contes nourrissent la littérature et l’expérience littéraire. Pour étudier ce phénomène que nous qualifions d’épanchement du conte dans la littérature, nous aurons à questionner la présence latente ou affichée des contes dans les œuvres littéraires, de l’innutrition à la réappropriation, ainsi que la manière dont cette présence est prise en compte dans l’enseignement.

Si le poids du conte sur la littérature de jeunesse a fait l’objet ces dernières années d’un certain nombre de travaux[2], la critique s’est moins intéressée à son impact sur la littérature tout court. Le domaine du conte a passionné toutes les branches des sciences humaines au cours du XXe siècle, mais force est de constater que les théoriciens de l’intertextualité ne s’intéressent guère à lui et qu’il semble victime, hors de la sphère des spécialistes, d’un certain déficit de légitimité littéraire. Quand Gérard Genette, dans Palimpsestes, parcourt la littérature internationale depuis l’Antiquité, il lui arrive de mentionner Perrault, mais jamais pour ses Contes. Près de trente ans plus tard, Richard Saint-Gelais inclut dans ses catégories transfictionnelles quelques productions inspirées par les contes de Perrault les plus célèbres, « Cendrillon », « Le Petit Chaperon rouge » et « Le Petit Poucet », mais ces références ne pèsent guère dans les quelque trente pages d’index de son livre[3]. Si les « perversions du merveilleux » ont été bien étudiées dans la production du XIXe siècle par Jean de Palacio[4], elles sont plus rarement abordées par la critique contemporaine, du moins en France[5], alors que les réécritures de contes sont légion. Territoire passionnant au regard de la poétique des genres, le conte se prête avec aisance à tous les jeux de d’hybridation en se mêlant aux autres formes littéraires, qu’il dilue ou incorpore. Sans doute cette propension est-elle constitutive du genre lui-même : lorsqu’il ouvre le premier numéro de la revue Féeries en 2004, Jean-Paul Sermain présente le conte comme « un espace d’échange entre les genres », un « atelier d’écriture expérimentale, ouvroir de littérature romanesque[6] ».

Nous proposons d’aborder aussi bien les réécritures proprement dites que les amalgames de contes, les migrations de personnages et les différentes formes intertextuelles, jusqu’à une présence plus latente des contes dans les œuvres lorsque les auteurs y trouvent un réservoir de motifs et de formes qu’ils convoquent et intègrent à leur univers. On peut penser par exemple à la place du merveilleux dans les romans de Marie Ndiaye, à Tahar Ben Jelloun ou à Michel Tournier, tous auteurs qui ont justement publié des contes destinés à la jeunesse. Cependant, des allusions à l’univers du conte surgissent aussi là où on les attendrait le moins, comme dans les ouvrages de Svetlana Alexievitch sur l’homo sovieticus. Certains auteurs trouvent dans les contes des convergences avec leur équation personnelle (Christine Angot, avec « Peau d’Âne »), d’autres une occasion de questionner la notion de genre littéraire (Eric Chevillard avec « Le Vaillant Petit Tailleur », Philippe Beck dans ses Contes populaires), de s’essayer à un autre type de récit (Anne Rice avec « La Belle au bois dormant »), d’autres enfin en font un instrument d’investigation sociale (Elfriede Jelinek dans ses Drames de Princesses). Dans la littérature pour adolescents et young adults, de nombreux titres affichent leur affiliation aux contes, en lien avec l’expansion de la fantasy dans ce domaine éditorial. Ainsi, dans le dernier roman de Timothée de Fombelle, Le Livre de Perle[7], notre monde est une terre d’exil pour les personnages des contes condamnés à la fuite.

Sans se donner pour exhaustives, les pistes d’études suivantes pourraient être ouvertes pour étudier l’épanchement du conte dans la littérature des XXe et XXIe siècles, légitimée ou populaire, destinée aux enfants, aux adolescents ou à un plus large lectorat :

- Comment interpréter le poids des contes sur la littérature ?

- Pourquoi et comment les réécritures de contes s’approprient-elles les autres genres littéraires ?

- De quelle manière création et récréation s’équilibrent-elles dans l’entreprise de reconfiguration des contes ?

- Qu’en est-il des allusions plus diffuses à l’univers des contes : comment analyser leur surgissement, peut-on en construire une typologie ?

- Comment les contes et leurs réécritures sont-ils pris en compte dans l’enseignement de la littérature, pour quels corpus et avec quelles modalités ?

Les propositions de communication (titre, résumé de 400 mots maximum, mots clés, références bibliographiques), accompagnées d'une rapide biobibliographie de leur auteur (statut, établissement et unité d’accueil, principales publications), sont à adresser au plus tard le 30 juin 2016 aux trois adresses suivantes :

 

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Les réponses du comité scientifique seront communiquées début septembre 2016.

 

Comité organisateur

 

Christiane Connan-Pintado et Gilles Béhotéguy, Université de Bordeaux-ESPE d’Aquitaine, TELEM EA 4195, Université Bordeaux-Montaigne

Pascale Auraix-Jonchière, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, CELIS EA 4280

Le service Recherche de l’ESPE d’Aquitaine : Camille Horsey, ingénieur d’études, Claudia Boursier et Lucile Roudey

 

Comité scientifique

 

Pascale Auraix Jonchière, Université Blaise Pascal, Clermont-Ferrand

Sandra Beckett, Brock University, Saint Catharines, Canada

Gilles Béhotéguy, Université de Bordeaux-ESPE d’Aquitaine

Eric Benoît, Université Bordeaux Montaigne

Christiane Connan-Pintado, Université de Bordeaux-ESPE d’Aquitaine

Muguras Constantinescu, Université de Suceava, Roumanie

Martine Hennard Dutheil de la Rochère, Université de Lausanne, Suisse

Patricia Lojkine, Université du Mans

Jean Perrot, Université Paris 13, Institut Charles Perrault

Jean-Paul Sermain, Université Sorbonne Nouvelle Paris 3

Catherine Tauveron, Université de Bretagne Occidentale, Rennes

Jack Zipes, Université du Minnesota, USA

 


[1] Catalogue sous la direction d’Olivier Piffault, Il était une fois… les contes de fées, Paris, Seuil/Bibliothèque nationale de France, 2001. Site : expositions.bnf.fr/contes/

[2] Sandra L. Beckett, Recycling Red Riding Hood. New York and London: Routledge, 2002. Christiane Connan-Pintado et Catherine Tauveron, Fortune des Contes des Grimm en France. Formes et enjeux des rééditions, reformulations, réécritures dans la littérature de jeunesse, Clermont-Ferrand, Presses universitaires Blaise Pascal, « Mythographies et sociétés », 2013.

[3] Richard Saint-Gelais, Fictions transfuges. La transfictionnalité et ses enjeux, Paris, Seuil, « Poétique », 2011.

[4] Jean de Palacio, Les Perversions du merveilleux. Ma mère l’Oye au tournant du siècle, Paris, Séguier, 1993.

[5] Muguras Contantinescu consacre un chapitre aux réécritures visant les adultes, dans Les Contes de Perrault en palimpseste, Suceava, Presses universitaires de Suceava, 2006. Les réécritures d’Angela Carter font l’objet de différents travaux (Laurent Lepaludier, dir. Métatextualité et Métafiction, théorie et analyses, Rennes, PUR, « Interférences », 2002), mais ceux de Martine Hennard Dutheil de la Rochère ne sont pas traduits en français (par exemple Reading, Translating, Rewriting: Angela Carter's Translational Poetics. Detroit, Mich.: Wayne State University Press, 2013). On regrette également que ne soit pas traduit l’ouvrage fondateur de Marina Warner, From the Beast to the Blonde : On Fairy Tales and their Tellers, New York, Farrar, Straus, Giroux, 1995.

[6] https://feeries.revues.org/64

[7] Thimothée de Fombelle, Le Livre de Perle, Paris Gallimard, « Grand format », 2014.