MODERNITÉS


Modernité : autour de 1860, Baudelaire risquait ce néologisme pour désigner cette part d'éphémère que l'œuvre d'art emprunte à la mode et à l'actualité pour l'amalgamer à l'immuable.
Modernité : notre époque a pris l'habitude de se désigner ainsi elle-même — à charge pour elle de définir les limites et les caractéristiques fondamentales de ce qui apparaît moins comme une période chronologique que comme une dynamique, résultant avant tout des avancées du savoir et des transformations technologiques.
Modernités : ensemble des œuvres, des esthétiques ou des traits qui sont autant d'expressions diverses d'une modernité toujours en mouvement.
L'articulation entre les modernités esthétiques et la modernité baudelairienne d'une part, la Modernité historique de l'autre, suscite une série de questions qui intéressent l'ensemble des sciences humaines et dont les volumes de Modernités s'efforcent d'explorer les aspects proprement littéraires (écriture, imaginaire, redéfinition des genres, position du sujet...).
Les articles publiés dans Modernités reflètent principalement, mais non exclusivement, les travaux du Centre de recherches sur les modernités littéraires.
Cette équipe, qui a succédé en 1991 au Groupe de Recherches sur les Modernités de l'Université de Nantes, fonctionne dans le cadre de l'Université Michel de Montaigne - Bordeaux 3. Elle constitue un lieu ouvert de réflexion sur une modernité elle-même ouverte et dont la problématique ne cesse de se renouveler.


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HISTORIQUE

Le Centre de recherches « Modernités » a été dirigé successivement par son fondateur Yves Vadé (1990-1998), par Dominique Rabaté (1998-2010), et par Eric Benoit (depuis 2010).
Originellement Equipe d'Acceuil, le Centre Modernités est constituant de l'Equipe TELEM depuis 2007. Les chercheurs de Modernités font partie de l'Equipe TELEM.
Les travaux du Centre sont publiés dans les volumes de la collection « Modernités » (Presses Universitaires de Bordeaux).

ACTUALITE

Séminaire de l’Équipe TELEM (Centre Modernités) et Séminaire de Master

ouvert à l’offre de formation de l’École Doctorale

Séminaire 2019-2020

Littérature et énergie

     Le Séminaire de cette année 2019-2020 prendra la forme d’un séminaire de synthèse des travaux des quatre dernières années consacrées à l’énergie dans la literature (littérature française et littératures étrangères). La notion d’énergie est en effet particulièrement opératoire pour l’étude de la littérature des trois derniers siècles. C’est une notion carrefour, centrale, polyvalente, qui se retrouve dans plusieurs domaines : théologique, rhétorique, linguistique, scientifique, épistémologique, psychologique, éthique, esthétique, musical et littéraire.

     Nous aborderons l’énergie littéraire successivement par le biais de l’écriture et par le biais de la lecture.

     Du côté de l’écriture tout d’abord : l’idée d’énergie sera envisagée à la fois dans son versant thématique, dans son versant méta-littéraire (l’énergie créatrice), et dans son versant formel (stylistique). Le XVIIIe siècle sera un nécessaire point de départ pour la construction de la notion même d’énergie, avec notamment l’œuvre de Diderot (qui permet d’ailleurs des ouvertures vers le théâtre et d’autres arts comme la peinture). Le XIXe siècle a été à son tour traversé par les problématiques de l’énergie : chez W. von Humboldt (la conception du langage comme energeia), Balzac (par exemple l’épuisement de l’énergie vitale dans La Peau de chagrin), Hugo (l’énergie créatrice du « génie » dans William Shakespeare), Mallarmé (le drame solaire sous toutes ses formes), Zola (comme l’a montré le livre de Michel Serres sur Zola), le premier Claudel (Tête d’or)… Au XXe siècle, la pensée de Bergson a donné à l’idée de l’énergie créatrice une place cruciale dans la réflexion esthétique ; puis la réception de Nietzsche a orienté une part des questions liées à l’énergie : c’est le cas par exemple dans l’œuvre de Bataille (La Notion de dépense, La Part maudite, L’Économie à la mesure de l’univers, où l’on voit que le domaine économique interfère aussi avec la question de l’énergie), mais aussi dans l’œuvre de Sollers. La périodisation des problématiques de l’énergie dans l’esthétique des trois derniers siècles prendra aussi en compte les modèles scientifiques et épistémologiques dominants de ces époques (la thermodynamique au XIXe siècle, avec la question de la conservation ou de la dépense de l’énergie ; la relativité et la physique quantique au XXe siècle, avec le problème de l’énergie destructrice de la bombe atomique), modèles qui affectent et informent les représentations artistiques et littéraires de leurs temps.

     Du côté de la lecture ensuite : nous nous pencherons particulièrement sur des œuvres littéraires qui thématisent ou théorisent ou impliquent une énergétique de la lecture. Quelles nouveautés la modernité littéraire a-t-elle apportées à la lecture et à la réception en termes d’énergie ? Qu’en est-il aujourd’hui ? Le tournant pragmatique qui s’est développé dans les études littéraires depuis les années 1980 (Ricoeur, Vincent Jouve, Yves Citton, Marielle Macé, Hélène Merlin-Kajman…) nous a rendus sensibles aux effets éthiques et existentiels des textes dans la vie même des lecteurs. Notre réflexion intégrera aussi les effets historiques et politiques de la littérature des trois derniers siècles : comment la lecture peut-elle entraîner une mise en acte, une mise en action (une energeia) ? Nous nous interrogerons sur l’énergie psychique investie dans l’acte de lecture, sur le statut de l’émotion impliquée dans cette énergie, sur la part de la contrainte du texte et la part de la liberté du lecteur. Notre réflexion pourra s’aider d’une approche psychanalytique, mais aussi des apports des neurosciences. Nous nous demanderons en quoi l’énergie suscitée par les textes littéraires en leurs récepteurs diffère de celle que peuvent susciter des textes politiques, idéologiques, religieux.

 

 

 

 

Calendrier du Séminaire Modernités 2019-2020 (Equipe TELEM) et Séminaire de Master

« Littérature et énergie »

Les vendredis de 13H30 à 15H30, salle (i) 103

 

Vendredi 4 octobre : Introduction du Séminaire. Étymologie, rhétorique, linguistique.

Vendredi 11 octobre : Lumières, Révolution, Romantisme (Diderot, Sade, Blake, Faust, Hugo).

Vendredi 18 octobre : Variations thermodynamiques 1 (Balzac, Carnot, L'Or du Rhin).

Vendredi 15 novembre : Variations thermodynamiques 2 (Baudelaire, Mallarmé, mythes solaires, Rimbaud, Tête d’or, Zola).

Vendredi 22 novembre : Variations thermodynamiques 3 (Verne, Jarry, Freud). - Élan vital, début (Ostwald).

Vendredi 29 novembre : Elan vital, suite (Bergson, Péguy, Teilhard).

Vendredi 6 décembre : Pulsions et dépenses (futurisme, surréalisme, Bataille, Jouve).

Vendredi 13 décembre : Âge nucléaire (Beckett, Deleuze, Sollers, Houellebecq...).

Vendredi 31 janvier : L’énergie dans la conception de la lecture selon quelques écrivains, 1.

Vendredi 7 février : L’énergie dans la conception de la lecture selon quelques écrivains, 2.

Vendredi 14 février : L’énergie dans la conception de la lecture selon quelques écrivains, 3.

Vendredi 6 mars : Sur le tournant pragmatique des théories de la lecture et de la réception (suite).

Vendredi 13 mars : L’energeia de la lecture: une problématique théologico-politique et littéraire.

Vendredi 3 avril : Journée d’étude, à confirmer.

 

 

 

Les précédents séminaires Modernités :

Séminaire Modernités 2015-2016 (organisé par Eric Benoit): "Ecriture de l'énergie, I", Uuniversité Bordeaux Montaigne

Séminaire Modernités 2016-2017 (organisé par Eric Benoit): "Ecriture de l'énergie, II", UBM

Séminaire Modernités 2017-2018 (organisé par Eric Benoit): "Effets de lecture. Pour une énergétique de la réception, I", UBM.

Séminaire Modernités 2018-2019 (organisé par Eric Benoit): "Effets de lecture. Pour une énergétique de la réception, II", UBM

 

 Les derniers volumes de la collection "Modernités" :

CONNAN-PINTADO Christiane (dir., avec Gilles Béhotéguy et Pascale Auraix-Jonchières), L'Epanchement du conte dans la littérature, Presses Universitaires de Bordeaux, Collection Modernités, volume 43, 2018.

BENOIT, Eric (dir.), Ecritures de l'énergie, Presses Universitaires de Bordeaux, Collections Modernités, volume 42, 2017.

BLOCH, Béatrice, et LAMPROPOULOS, Apostolos (dir., avec Pierre Garcia), Ecriture picturale, écriture musicale, de la littérature et des arts, Presses Universitaires de Bordeaux, Collection Modernités, volume 41, 2017.

BENOIT, Eric (dir.), Harmonie et disharmonie dans l'esthétique occidentale et dans l'esthétique chinoise à l'époque de la modernité littéraire, Presses Universitaires de Bordeaux, collection Modernités, volume 40, 368 pages, 2016.

BENOIT, Eric (dir.), Littérature et jubilation, Presses Universitaires de Bordeaux, Collection « Modernités », volume 39, 2015.

CONNAN-PINTADO, Christiane, BEHOTEHUY Gilles, et PLISSONEAU Gersende (dir.) : Idéologie(s) et roman pour la jeunesse au XXIe siècle, Presses Universitaires de Bordeaux, Collection « Modernités », volume 38, 2015.

BENOIT, Eric (dir.), Transmission et transgression des formes poétiques régulières, Presses Universitaires de Bordeaux, Collection «Modernités», Volume 37, 2014.

BENOIT, Eric (dir.), Soi disant. Poésie et empêchements, Presses Universitaires de Bordeaux, Collection « Modernités », Volume 36, 265 pages, 2014.

BENOIT, Eric (dir.), Apories, paradoxes, et autocontradictions. La littérature et l’impossible, Presses Universitaires de Bordeaux, Collection « Modernités », Volume 35, 2013, 350 p.

 

Accès aux volumes de la collection Modernités sur le site des Presses Universitaires de Bordeaux.